Antony nolison
La Maison Nolison - Le Blog

L’entrepreneuriat chrétien : le projet, l’entrepreneur et Dieu comme actionnaire
Qu’est-ce qui rend l’entreprise réellement chrétienne et pas seulement éthique ?
Shalom !
Dans mon précédent article, je relatais que l’enseignement de Dieu nous permet de persévérer dans notre projet entrepreneurial. Ces enseignements touchent notre comportement et nos motivations, mais ils abordent aussi les particularités de l’entreprise chrétienne.
Je me réjouis que ce dernier sujet commence à être bien couvert par les créateurs de contenus chrétiens. C’est un signe encourageant : lorsque des personnes qui ne se connaissent pas arrivent à des conclusions semblables, on peut reconnaître l’œuvre du Saint-Esprit. Les paroles se complètent sans se contredire.
Mon objectif, en écrivant, est donc double : bien intégrer ces différents concepts et apporter ma pierre à l’édifice.
Cet article est le premier de la série. Nous verrons en quoi l’entrepreneuriat chrétien est différent de celui que j’imaginais, au travers de 3 axes : le projet, l’entrepreneur et l’actionnaire.
Ce que je partage ici vient d’abord de notre vécu. Ce texte sera donc personnel. Mais l’expérience a ceci de particulier : lorsqu’on marche avec Dieu, les leçons tirées d’un chemin deviennent utiles pour beaucoup d’autres.
Le projet

Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu
Matthieu
6:33
Entreprendre pour Dieu, c’est établir son royaume. Si j’étais au clair sur ce point, je commettais une erreur.
Le royaume des cieux n’est pas seulement faire du social. Il concerne tous les domaines. Ils sont tous appelés à être placés sous l’autorité du Christ.
Tous les projets entrepreneuriaux peuvent être compris dans une vision chrétienne. La seule distinction réside dans la manière d’amener le projet.
Il s’agit de faire les choses avec amour. Pas uniquement celui qui veut bien faire les choses. Celui qui ne cherche pas son intérêt en premier. Tout en restant viable économiquement.
Prenons un exemple contre-intuitif : notre politique de prix.
Au départ, nous voulions les tarifs les plus abordables possibles. Grosse erreur. On ne couvrait pas le temps passé. Pour un traiteur artisanal, c’est la pérennité de l’entreprise qui est en jeu. Il est crucial de changer d’approche : soit plus industriel, soit plus premium.
Comment se décider ?
Pour répondre à cette question, il faut regarder ce qui compte réellement pour Dieu. Et pour cela, il suffit d’observer la grâce.
La grâce est gratuite, mais elle n’est pas bon marché. Elle est d’une valeur infinie. Quand nous la recevons, nous sommes tellement reconnaissants que nous devenons réceptif à ce que Dieu attend de nous. Elle produit de la gratitude.
Cette logique éclaire notre manière de choisir : nous devons regarder la considération du client.
Dans le premier cas, une logique industrielle et peu chère, elle est mauvaise. On est dans le registre de la commodité. Dans le second, la logique premium, le danger serait simplement de vendre plus cher à une clientèle plus riche. Cela ne suffit pas.
Il nous faut créer de la gratitude. Il faut changer le rapport à l’achat. Ni compulsif, ni calculé. Ce qu’on lui propose a de la valeur, le client se donne les moyens de l’obtenir.
Alors, ce que nous avons changé : nos prix sont plus élevés et nous ne proposons plus de la nourriture mais un moment qui renforce le lien social. Nous donnons également des attentions particulières à chacune de nos commandes : un coffret dessiné à la main, un encouragement personnalisé, ou d’autres détails qui expriment une considération réelle.
Dans cette approche, on ne peut avoir une multitude de clients, mais suffisamment pour en vivre. Mieux vaut peu de clients fidèles que beaucoup frivoles.
Ainsi, le projet entrepreneurial chrétien ne se réfléchit pas seulement autour du pourquoi entreprendre, ni uniquement autour de ce que veut le client. Il se réfléchit à partir de la vision éternelle du projet : en vue de quoi existe-t-il ?
Mais même le meilleur projet ne tiendra pas sans un porteur de projet solide.
L’entrepreneur

Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des
pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je
n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
1 Corinthiens
13:3
La réussite entrepreneuriale est un élévateur social. Sauf que Dieu abaisse ou élève qui Il veut.
Un projet peut être parfaitement aligné avec des principes chrétiens. Si l’entrepreneur lui-même ne vit pas ce qu’il affiche, cela ne sert à rien. Aucun faux-semblant possible. L’hypocrisie est la racine d’un futur scandale.
Au début de notre activité, nous voulions proposer des repas du quotidien. Avec une cuisine exclusivement végétarienne... sans que nous le soyons entièrement.
Cette incohérence posait un problème simple : comment être crédible si notre vie ne reflète pas ce que nous proposons ?
Nous avons donc ajusté notre offre.
Nous n’avons pas abandonné la cuisine végétarienne, revisitée comme on le fait, c’est une cuisine qui pense à tous les palais. Mais nous l’avons replacée dans un contexte cohérent avec notre mode de vie : les repas d’occasions spéciales. C’est exactement ce que nous faisons lorsque nous recevons des invités.
Cela évoluera avec nous.
On pourrait résumer le projet entrepreneurial par l’intersection de quatre éléments :
- ce que l’on sait faire
- ce que l’on aime
- ce dont les personnes ont besoin
- ce pour quoi elles sont prêtes à payer
La définition de l’ikigai.
Mais pour un chrétien, il y a une dimension supplémentaire : ce projet doit aussi refléter qui il est réellement.
C’est à cette condition précise que Dieu accepte d’être l’actionnaire de l’entreprise.
L’actionnaire

Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Romains 8:19
Entreprendre pour Dieu, c’est contribuer à ce que Sa gloire couvre la terre.
Dans son immense sagesse et bonté, Sa gloire augmente quand nous nous élevons. En veillant à ne pas retomber.
Dieu nous a racheté de notre ancienne vie pour que nous croissions en Christ. En terme business, le retour sur investissement est la transformation de l’entrepreneur : ses capacités, son comportement et ses relations.
L’entreprise devient alors un lieu où le caractère est mis à l’épreuve. Cela change la manière dont on va réaliser notre projet.
Nos capacités
Pour plaire à Dieu, on ne peut pas rester dans sa zone de confort. L’entrepreneuriat est excellent en ce sens. Le manque de moyen pousse à faire des tâches qu’on n’aurait pas faites autrement.
Même lorsque les moyens arrivent, la logique doit rester la même : continuer à apprendre.
À noter, grandir ne veut pas forcément dire augmenter le périmètre de son entreprise.
Dans l’histoire d’Israël, les territoires attribués aux tribus avaient des limites différentes. Dieu a prévu une taille limite pour chaque chose. Il y a des grands et des petits. Les deux fonctionnent en symbiose.
Grandir, c’est surtout apprendre à faire mieux ce que l’on fait déjà. Par exemple, j’améliore mon écriture pour ne plus dépendre d’une IA. L’utiliser, oui, en dépendre, non.
Notre comportement
C’est un esprit doux et paisible qui est d’un grand prix
devant Dieu
1 Pierre 3:4
Dans une entreprise chrétienne, la paix doit rester plus importante que le profit. Aucune opportunité, aussi belle soit elle, ne doit être la cause d’un désordre intérieur ou relationnel.
Le leadership doit être bienveillant. Pas complaisant. Reprendre quelqu’un peut être nécessaire. Mais la correction doit toujours ouvrir un chemin. On guide pour faire croître l’autre en Christ. À son rythme. Pas au nôtre.
L’humilité permet d’écouter activement un point de vue différent du mien. Même dans son domaine d’expertise.
Dans notre cas, tendre vers ce comportement nous permet de garder une forte cohésion de couple. Le conflit devient constructif. On prend le temps nécessaire pour trouver un accord.
Nos relations
Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni
Matthieu
19:6
Pour certains, Dieu donne un conjoint et des enfants. Dans tous les cas, une famille. L’entrepreneuriat ne devrait pas détruire ces liens. Il devrait les fortifier.
Cela ne signifie pas forcément travailler moins. Mais apprendre à inclure les autres dans certaines tâches.
Je fais mes livraisons avec mon fils aîné, 4 ans. Ça nous permet d’avoir du temps en tête à tête et ça lui donne une meilleure compréhension de ce qu’on fait. Il est plus coopératif par la suite.
C’est vraiment une grâce d’entreprendre en couple pour cet aspect. Les contraintes peuvent s’adapter aux disponibilités de chacun.
Attention à la dette

Avec Dieu comme actionnaire, on peut réellement travailler sereinement sur nos capacités, notre comportement ou nos relations.
Vraiment. Il n’est pas sensible au temps. Ces provisions sont infinies. Nous n’avons pas à craindre de perdre du temps ou de manquer d’argent.
Pour autant, il nous faut nous empresser de marcher dans toutes ses voies. Nous avons des comptes à rendre. Dieu ne nous impute pas notre ignorance. Mais la négligence.
Dieu ne cherche pas une discipline parfaite. Il cherche un cœur fertile.
Chaque fois que nous savons ce qui est juste mais que nous
refusons de l’appliquer, nous endurcissons notre cœur.
Tout ce que
nous connaissons et que nous ne mettons pas en pratique.
Tout ce que
nous aurions dû savoir si nous avions étudiés correctement.
Tout
ce qu’on aurait pu faire si on avait persévérer dans la prière.
Pourquoi cette exigence ?
Pour que passer du temps avec Lui reste la priorité.
Si, comme moi, vous vous rendez compte qu’il vous manque la capacité de rester assidu dans l’étude et/ou la prière, nous pouvons encore prier pour que Jésus efface notre dette et que Dieu nous donne le vouloir et le faire pour qu’on ne reste pas dans ces mauvaises habitudes.
Dans notre prochain article, nous allons voir la différence entre le repos et la paresse. Une distinction essentielle pour retrouver du temps avec Dieu.
En attendant, si vous devez retenir une seule chose de cet article : l’entreprise chrétienne a ses dirigeants qui se laissent guider par le Saint-Esprit. Leurs actions deviennent imprévisibles. Et cette imprévisibilité est clé pour la réussite.

Je suis passionné de lecture depuis mon plus jeune âge. Elle nourrit une curiosité insatiable.
J’ai commencé à écrire pour passer le temps. Puis quelque chose a changé.
Depuis que j’ai découvert la Bible, l’écriture est devenue une nécessité.
J’écris pour donner forme aux vérités qui m’éclairent, aux questions qui me traversent, et à ce que mon expérience de vie révèle.
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